JUDO


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Il revient à Jigor 拏 Kan 拏 (1860-1938) d’avoir trouvé la voie (d 拏 ) de la souplesse (j ), développant ainsi l’antique jiu-jitsu — technique militaire apparue au XVIe siècle puis tombée trois siècles plus tard, au seuil de l’ère Meiji, dans une progressive décadence — en un sport qui débuta fort modestement dans une salle exiguë de T 拏ky 拏 en 1882, avant de s’imposer peu à peu à travers le monde. Son principe? L’utilisation à son profit de la force de l’adversaire, donc la capacité, grâce aux qualités de souplesse et d’adresse que favorise la vitesse d’exécution, à privilégier l’intelligence et la beauté du geste, conséquence de son efficacité: on le voit, le judo, c’est également une discipline intellectuelle et morale, on pourrait aller jusqu’à dire une philosophie. Au-delà des mystères de ses techniques — dont les Occidentaux étaient curieux —, cette conception, cet état d’esprit pouvaient-ils se trouver compris en dehors du Japon, et par exemple en France? Ce fut le grand mérite du maître Mikonosuke Kawaishi, arrivé à Paris avant la Seconde Guerre mondiale, que d’imaginer la matérialisation, à travers des ceintures de couleur, des progrès du judoka, susceptible de passer en vingt-quatre mois de la ceinture blanche du débutant à la ceinture marron, après avoir ceint sa veste renforcée (judogi ) de jaune, d’orange, de vert, puis de bleu. Alors lui reste à franchir l’étape décisive, celle qui le mènera jusqu’à la fameuse ceinture noire, laquelle n’est pas en elle-même un aboutissement puisqu’elle s’assortit de l’obtention éventuelle de degrés supplémentaires, les dans , susceptible d’aller du premier jusqu’au rarissime dixième dan. La création simultanée en 1947 de la Fédération de judo et du Collège des ceintures noires souligne toute l’ambivalence de ce qui se veut autant une discipline qu’un sport.

Les deux hommes qui s’affrontent de nos jours le font sur le tapis (tatami ) de 16 mètres par 16 mètres — la surface de combat (9 m 憐 9 m) et la zone de 1 mètre de largeur qui l’entoure étant seules «valables», le reste ne servant qu’à la sécurité — pour une durée variable, ne dépassant pas dix minutes dans les grandes finales internationales et susceptible de se voir écourtée si une phase décisive a eu lieu valant à son auteur un ippon (point). Sinon ce sera l’arbitre et les deux juges l’épaulant qui rendront la décision, en tenant compte des waza-ari (demi-points), yuko , koka et des pénalités éventuelles.

Que l’action se déroule debout ou qu’elle se déroule au sol, qu’il y ait eu «projection» ou «contrôle», la préparation nécessaire au combat aura été longue et pénible, visant à développer à la fois toutes les qualités physiques, techniques et mentales du compétiteur. Le premier championnat du Japon n’eut lieu qu’en 1934, précédant de neuf ans le championnat de France. En 1951, huit pays participeront à Paris au premier championnat d’Europe et dix-huit, cinq ans plus tard, au premier championnat du monde à T 拏ky 拏.

La multiplication progressive des catégories de poids a peu à peu battu en brèche le mythe du petit susceptible de venir à bout du gros, car, à préparation et qualités égales, la masse musculaire constitue inévitablement un facteur déterminant. C’est pourquoi le Japonais Yasuhiro Yamashita, champion du monde poids lourds dès 1979 et champion olympique en 1984, aura été quasi invincible. Mais quelle que soit son évolution, le judo demeure un sport tout à fait original. Les femmes notamment ont su y trouver leur propre mode d’expression, elles qui disposent de leurs championnats mondiaux depuis 1982 et apparaissent en 1988 à Séoul au programme olympique dans lequel les épreuves masculines ont pris définitivement place à compter de Munich (1972). Autant de choix et de décisions qui, en parallèle à la popularité du judo (460 000 licenciés en France en 1994), entraînent son intégration définitive au mouvement sportif, et cela malgré les réticences de nombreux judokas qui voient dans la reconnaissance des catégories de poids un véritable manquement aux règles de la tradition.

judo [ ʒydo ] n. m.
• 1931; mot jap. « principe de la souplesse »
Sport de combat d'origine japonaise qui se pratique à mains nues, sans porter de coups, le but du combat étant de faire tomber ou d'immobiliser l'adversaire ( jiu-jitsu). Prise de judo. atémi, immobilisation. Ceinture noire de judo. aussi dan, kyu. Championnat de judo.

judo nom masculin (japonais jūdō, de , souple, et , méthode) Sport de combat, où la souplesse et la vitesse d'exécution jouent un rôle prépondérant.

judo
n. m. Sport de combat d'origine japonaise se pratiquant à main nue, le but du combat consistant à immobiliser ou à faire tomber l'adversaire en utilisant des prises visant à le déséquilibrer. Le judo, créé vers 1880 par le Japonais Jigorô Kano, emprunte de nombreux éléments au jiu-jitsu.

⇒JUDO, subst. masc.
Sport de combat sans armes, d'origine japonaise, consistant à déséquilibrer en souplesse son adversaire afin de le mettre hors de combat. Enseigner le judo. Simonot nous a traités d'hypocrites, je me suis jeté sur lui, tu aurais vu ce coup de judo que je lui ai fait (MONTHERL., Ville dont prince, 1951, p. 890). Ces méthodes d'attaque et de défense sont celles actuellement enseignées dans le monde entier sous le nom de judo, en opposition au ju-jitsu enseigné par les professeurs des temps féodaux (Jeux et sports, 1967, p. 1444). Le mot judo désigne une méthode de souplesse consistant à céder d'abord à la force d'un adversaire pour obtenir finalement la victoire (Jeux et sports, 1967, p. 1444).
REM. Judoka, subst. Personne qui pratique le judo. Former des judokas. Elle s'en trouvait désarmée, comme (...) si (...) il [l'adversaire] eût eu l'avantage d'une science, d'une technique pareille à celle qui oppose un judoka à un profane (VIALAR, Bête de chasse, 1952, p. 59). La couleur de la ceinture annonçant, comme chacun sait, le grade obtenu par le judoka (Comment parlent les sportifs ds Vie Lang., 1954, p. 372).
Prononc. et Orth. : []. Judoka : [-ka]. Plur. des judokas. Étymol. et Hist. 1941 (R. VUILLEMIN, Éduc. phys., p. 163). Mot japonais, composé de « doux » et de « moyen, méthode ».

judo [ʒydo] n. m.
ÉTYM. 1931, in Larousse XXe s.; mot japonais (v. 1880) signifiant « principe de la souplesse », de « doux, souple », et « méthode, principe ».
Sport de combat d'origine japonaise, adaptation du jujitsu ( Jiu-jitsu), art martial qui se pratique à mains nues, sans porter de coups, le but du combat étant de faire tomber ou d'immobiliser l'adversaire par des prises fondées sur l'utilisation du moindre déséquilibre. || Prise de judo. || Faire du judo. Judoka. || Ceinture noire de judo. aussi Dan. || Champion, championnat de judo.
DÉR. Judoka.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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